Les chapelles du quai

Repère au bord du fleuve

La petite chapelle de la Pointe-aux-Orignaux, premier sanctuaire du quai, apparaît comme un repère inattendu, défiant le vent et les marées. 

Solide, toute en simplicité, elle accueillait pêcheurs, voyageurs et familles durant l'été. Construite à la fin du XIXe siècle, la chapelle offrait un refuge tourné vers le Saint Laurent, surtout aux premières lueurs du jour, lorsque la lumière glissait sur les battures. 

Ici, le fleuve semblait retenir chaque visite, chaque prière. Son silence habité donne encore l’impression d’un lieu qui veille, fidèle à son rôle d’origine.

Source image : La première chapelle du quai. Photo: Archives de la Côte-du-Sud


Le bâtisseur

L’histoire débute avec John Gregory, agent de la Marine et des Pêcheries à Québec et propriétaire du Laurentine House.

Voyant l’arrivée croissante de vacanciers, il imagine une chapelle comme un service offert aux visiteurs, et la fait construire près de son hôtel. 

L’été, il loge le curé Michaud, permettant la célébration régulière de la messe. Grâce à Gregory, la villégiature et la spiritualité se rencontrent au bord du fleuve, créant un lieu où l’on venait autant pour se reposer que pour se recueillir.

Source image : La première chapelle du quai. Photo : Étude de l’aire patrimoniale de la Pointe-aux-Orignaux, Rivière-Ouelle, 2014


Lieu d'accueil et de passage

Dès son ouverture, la chapelle devient un point d’arrêt naturel pour les voyageurs de la traverse Rivière-Ouelle–Pointe-au-Pic. On y trouvait une pause bienvenue dans l’animation du quai. 

Après la mort de Gregory, ses héritiers poursuivent l’entretien du lieu.

La photo du groupe en visite nous ramène à cette époque où rites, rencontres et moments de calme se mêlaient. 

La chapelle servait autant la communauté que les passants, devenant une halte familière sur le bord du fleuve.

Source image : La chapelle du quai. Photo : Famille Roger Bernier


Héritage et transformations

Après Gregory, la chapelle change plusieurs fois de propriétaires, passant successivement à Narcisse Lemieux puis Antoine C. Taschereau, chacun la conservant en fonction des besoins des estivants et des riverains.

En 1956, le Mouvement de l’Action catholique la déménage au camp Canawish. Là, elle devient alors un point d’ancrage pour les campeurs et les groupes de jeunes.

Même éloignée du fleuve, elle garde la mémoire du quai, poursuivant sa mission d’un lieu ouvert et rassembleur.

Source image : Chapelle de 1898 déménagée au camp Canawish en 1956. Photo : Ruralys, pour la municipalité de Rivière-Ouelle, 2013


Animation estivale

En 1877, Arthur Buies décrit la Pointe-aux-Orignaux comme un paisible refuge, où le Laurentine House rassemble saisonniers, excursionnistes et familles en vacances.

La chapelle voisine ajoute une note de calme à cet espace animé. Sous les arbres, dîners et conversations se mêlent aux retours de pêche et aux traversées du fleuve, composant un tableau vivant de l’été. 

Cette ambiance chaleureuse, entre villégiature et activités quotidiennes, est devenue une marque durable du quai.

Source image : Le Laurentine House (1898). Illustration : BAnQ


Un symbole du séjour riverain

Au temps des trains et des traversiers, le quai attire une diversité de voyageurs. 

La petite chapelle devient alors un repère discret mais incontournable, un endroit où l’on s’arrête pour souffler, réfléchir ou simplement contempler le fleuve. 

La photo de Marius Barbeau et des finissants illustre ce lien entre territoire, foi et générations. La chapelle dépasse sa fonction religieuse pour devenir un symbole du passage, un marqueur affectif du séjour à Rivière Ouelle.

Source image : Marius Barbeau avec un groupe de finissants du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, en excursion à l’hôtel « Laurentine House » Photo : MCC/CMC, 86-1274, collection Hélène Rioux [née Barbeau]


La nouvelle chapelle

En 1947, une seconde chapelle, Notre-Dame-de-l’Assomption, est construite à l’est de l’hôtel. Plus spacieuse, elle répond à l’achalandage croissant de l’été. 

En 1953, une annexe permet au prêtre résident d’assurer les célébrations régulières. Ce nouveau bâtiment devient le cœur religieux de la saison estivale, accueillant fidèles, visiteurs et vacanciers. 

Aujourd’hui inscrite au patrimoine culturel, la chapelle incarne la continuité des liens entre la communauté, sa foi et le fleuve.

Source image : La chapelle Notre-Dame-de-l’Assomption, 1948. Photo : Archives de la Côte-du-Sud


Les deux chapelles

Pendant un temps, les deux chapelles coexistent près du quai, chacune portant une histoire différente.

L’ancienne rappelle les débuts de la villégiature et l’accueil des pêcheurs; la nouvelle soutient les rassemblements estivaux. Côte à côte, elles révèlent deux époques, deux rythmes, mais une même tendresse pour le fleuve. 

Les photographies d’époque montrent cette dualité harmonieuse, reflet de la vie communautaire et des traditions qui se sont enracinées ici.

Source image : Les deux chapelles. Photo : Archives de la Côte-du-Sud


40 ans

En 1988, le 40e anniversaire de la chapelle Notre-Dame-de-l’ Assomption réunit paroissiens, vacanciers et familles attachées au secteur. Cet anniversaire marque la force d’un lieu qui a accompagné des générations, reliant le rythme des étés à la mémoire du fleuve. 

Les célébrations témoignent d’un attachement profond à ce bâtiment simple, mais riche en histoire. Sa présence continue d’évoquer l’accueil, la tranquillité et la vie communautaire de la Pointe aux Orignaux.

Source image : 40e anniversaire de la chapelle du quai de Rivière-Ouelle,1988. Photo : Famille Roger Bernier


Célébrations

Les programmes souvenir des années 1950 révèlent une chapelle vivante: bénédictions de la cloche, messes d’été, familles réunies en tenue du dimanche. 

Ces moments festifs montrent combien la chapelle dépassait la simple pratique religieuse, devenant un espace de cohésion pour les habitants et les visiteurs. 

Autour d’elle, les étés s’organisent, les souvenirs s’accumulent. Elle s’impose comme un lieu d’identité et de partage, au cœur du paysage riverain.

Source image : Programme souvenir : Bénédiction de la chapelle et de la cloche, 6 août 1950


L'œil de Maurice Proulx

L’abbé Maurice Proulx, pionnier du cinéma documentaire au Québec, filme la région dans les années 1940 et 1950. 

Avec sa caméra, il immortalise les pêcheurs, les estivants et la chapelle dans des scènes d’une grande authenticité. Ses images captent l’atmosphère du quai mieux que des mots: la lumière sur l’eau, le bruit des pas sur les planches, la vie simple tournée vers le fleuve. 

Son film Le bar du Saint Laurent demeure un témoignage précieux, conservant l’âme de la Pointe-aux-Orignaux.

Source image : Le cinéma parlant du Québec. Photo : Société historique de la Côte-du-Sud


Passeurs de mémoire : Michaud

La famille Michaud occupe une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offre un regard inédit sur l’histoire de Rivière-Ouelle.

Écoutez le récit de son arrivée en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Michaud sur passeursdememoire.com. 

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent l’expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l’histoire des Michaud au Kamouraska

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Michaud » au Kamouraska

L’histoire des Michaud au Kamouraska (texte de l'audio)

« Un terreau fertile pour des racines profondes … 

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.

Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec Passeurs de mémoire, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

La Nouvelle-France

Pierre Michaud (Micheau ou Michel) naît vers 1637 à Fontenay-le-Comte, en Vendée. Il a environ 19 ans lorsqu’il s’engage, pour trois ans de service en Nouvelle-France, pour le marchand de La Rochelle Jacques Pépin. Au début de l’été 1656, il débarque du navire La Fortune à Québec.

En 1667, à Château-Richer, il épouse Marie Asselin (Ancelin), une Rochelaise arrivée dans la colonie en 1665 avec son père, René Asselin. Pierre et Marie habitent d’abord l’île d’Orléans. Ils se déplacent à L’Isle-aux-Grues, puis à L’Islet, pour finalement s’établir à Kamouraska, où le seigneur Charles Aubert de La Chesnaye leur concède une terre le 30 juin 1695.

Comme d’autres arrivants, Pierre pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou par le potentiel de la pêche pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie probablement des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Les descendants

Pierre Michaud et Marie Asselin sont les ancêtres de tous les Michaud du Québec. Parmi leurs nombreux descendants, soulignons quelques noms connus tels le père Joseph Michaud, les comédiens Claude Michaud et Alice Morel-Michaud et l’animateur Josélito Michaud. Un Michaud sur cinq habite au Bas-Saint-Laurent. À la fin du XXe siècle, le patronyme Michaud figure au 42e rang des noms de famille du Québec avec environ 17 000 porteurs de ce nom».

Extrait de
Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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