Halte agricole

Un sol exceptionnel

À Rivière-Ouelle, la plaine qui s’étend entre les Appalaches et le fleuve offre depuis toujours un sol d’une qualité remarquable. Mélange de terre grasse, d’argile et de sable, elle a permis aux familles de tirer du territoire une agriculture abondante et diversifiée.

Presque entièrement plane, ponctuée de quelques buttes et rochers de granite, cette terre a façonné le mode de vie, les fermes et l’occupation du village.

En parcourant le paysage ouvert d’aujourd’hui, on comprend encore pourquoi Rivière-Ouelle est devenue l’une des communautés agricoles les plus prospères de la région.

Source image: Au pied des Appalaches. Photo: Élisabeth Hudon


Les terres neuves de l'époque

À leur arrivée, la plupart des colons de Rivière-Ouelle connaissaient peu l’agriculture. Ils ont dû improviser, multiplier essais et erreurs avant de transmettre leurs apprentissages à leurs enfants. En une ou deux générations, les familles développent un véritable savoir-faire adapté au territoire.

Vers 1727, l’agriculture est florissante : « le rendement est fort […] on récolte 11, 15, 20 pour un ». La colonie produit alors plus qu’il ne lui en faut, avec 411 000 minots de blé en 1726, soit 14,6 minots par personne. On cultive aussi le blé d’Inde, l’avoine et les pois.

Source citation:  HUDON, Paul-Henri, Rivière-Ouelle 1672-1972

Source image: La Pointe-aux-Orignaux. Photo :  Municipalité de Rivière-Ouelle


Les prairies de grève

Cette photographie montre bien la proximité entre les terres cultivées et le fleuve. 

Autrefois, le Kamouraska se distinguait aussi par ses prairies de grève, où les animaux broutaient un « foin de grève » légèrement salé, qui donnait une saveur particulière au fromage.

Sa récolte donnait lieu à des scènes étonnantes : entre deux marées, les faucheurs devaient ruser pour couper et tirer le fourrage avant que l’eau ne remonte. 

À la fin du XIXᵉ siècle, on hissait les andains à l’aide de câbles, tandis qu’à l’île aux Grues, on les déposait sur des plateformes sur pilotis pour l’hiver.

Source image: Rivière-Ouelle, 2020. Photo :  Pierre Lahoud


Ce qu’on cultive ici

« […] Les parties labourées fournissent en abondance du grain de toute espèce et d’une qualité qui ne le cède guère à aucune autre seigneurie de la province. Les prairies et les pâturages sont très fertiles et le produit des laiteries forme une partie assez considérable de la richesse des fermiers. »


Source citation: (CROFF, Madame E.) 

Source image: À perte de vue. Photo : Marie Bérubé, Municipalité de Rivière-Ouelle


On se souvient

« Les fermes et les autres maisons sont généralement accompagnées de jardins bien garnis et de beaux vergers et les habitants jouissent selon toute apparence de toutes les commodités que le travail peut procurer à un peuple entièrement livré à l’agriculture […] ».

Source citation: (CROFF, Madame E.) 

Source image: Léopold Chamberland chez lui dans le rang de la Petite-Anse. Photo : Collection Gilles Chamberland


Les cultures

L’herbe pâturée ou consommée en fourrage (foin, ensilage…) constitue 60 % de l’alimentation des ruminants. En complément, ils mangent de la luzerne et différents mélanges fourragers ainsi que certaines céréales, tels le maïs et le blé. Ces plantes font tourner l’économie, embellissent le paysage, contribuent à la conservation des sols et valorisent les fumiers.

Source image: Fourrage, maïs, herbe, moulée, trèfle et luzerne. Photo : Les producteurs de lait du Québec


Les aboiteaux

Les aboiteaux sont des remparts et écluses qui servent à protéger les étendues de terre contre les courants fluviaux.

« Le paysage du Kamouraska se caractérise au nord par la présence d’aboiteaux, des digues construites dans les marais côtiers afin de protéger les champs agricoles des inondations du fleuve. »

Source citationPortrait agroalimentaire de la MRC de Kamouraska, MAPAQ, 2019

« Historiquement, c’est la grande productivité des terres qui a poussé les agriculteurs à vouloir assécher les marais saumâtres situés le long du Saint-Laurent afin de pouvoir cultiver ces superficies additionnelles. Pour y arriver, les agriculteurs ont construit des structures appelées aboiteaux, qui consistent en une digue de terre munie d’un système d’évacuation des eaux de drainage avec des portes d’évacuation. Sous la pression de l’eau, les portes se referment lorsque la marée monte et s’ouvrent lorsque la marée est basse afin de laisser évacuer l’eau des fossés de drainage. »

Source citationAnalyse coûts-avantages des options d’adaptation en zone côtière à Rivière-Ouelle, Ouranos, 2016

Source image: Les aboiteaux à Rivière-Ouelle. Photo :  Pierre Lahoud
 


Les enseignements

1859 : Fondation de la première école d’agriculture à Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Pour se renseigner sur la création et l’impact de l’ITA, cliquer  ici (site externe à BaladoDécouverte).


Source image: École d’agriculture, 1900. Photo : ITA Campus de La Pocatière


La beurrerie

Bernard-Claude Panet, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Liesse de Rivière-Ouelle de 1781 à 1825, s’intéresse à l’agriculture. Il devient membre de la Société d’agriculture du district de Québec en 1791. Il accepte le patronage de la Société auxiliaire d’agriculture de Sainte-Anne de la Grande-Anse en 1821.

Jean-Charles Chapais, dont le père et le grand-père proviennent de Rivière-Ouelle, crée à Saint-Denis la première école d’industrie laitière en Amérique du Nord en 1881.

Source image: Monseigneur Bernard-Claude Panet, Sproule, Robert Auchmuty,Hamel, Eugène,1873: Photo :  MNBAQ


Le "syndicat coopératif"

En 1897, « La Beurrerie de Rivière-Ouelle est fondée en “Syndicat” coopératif à l’instigation de l’abbé Adolphe Michaud, curé de la paroisse. […] ».

Source citation: Ulric Lévesque, 325 ans - Une Grande Famille ! Rivière-Ouelle vous accueille, 1672-1997

« La Société de fabrication de Beurre et de fromage de Rivière-Ouelle […] produit annuellement quelque 76 000 livres de beurre qui sont en grande partie vendues sur le marché à beurre à Saint-Pascal. Les consommateurs locaux en absorbent quelque 200 livres par semaine. La fabrique, qui reçoit le lait de 95 cultivateurs environ, emploie 3 hommes pendant 7 à 8 mois. Certains cultivateurs de la municipalité préfèrent vendre leur lait à des fabriques des localités voisines qui s’occupent de recueillir le lait de ferme en ferme tandis que la fabrique de Rivière-Ouelle ne le fait pas. »

Source citationL’inventaire des ressources naturelles et industrielles 1938, comté de Kamouraska

Source image: [LÉVESQUE, Ulric]


La coopérative

En 1944, « ce “Syndicat” est vendu à une coopérative formée par Louis Dubé, Émile Lévesque et plusieurs autres sociétaires. Les fabricants sont successivement dénommés Dionne (1897-l921), Théophile Richard (1921-1938), Liguori Richard (1939-1950), Fernand Bernier (1950-1963) et Jacques Richard (1963-1966). »

Source citation: [LÉVESQUE, Ulric]

L’information écrite de ce document est complétée par les informations verbales fournies par Gilbert Pelletier, Dorothée G.-Rivard, Jeannette Richard, Fernand Bernier et Roger Richard.

Comme les caisses populaires Desjardins, les coopératives agricoles visent à améliorer le sort des communautés par l’action collective. En 1908, une loi encadre la création des sociétés coopératives agricoles et, en moins de 15 ans, de 1909 à 1920, 300 coops locales sont créées. En 1922, la Coop fédérée, qui regroupe la plupart des coopératives agricoles du Québec, est constituée. Ce réseau s’imposera au fil du temps comme l’un des principaux outils de développement de l’agriculture. En 1936, on dénombre 462 coopératives agricoles.

Cessation des opérations

La coopérative a cessé ses opérations vers 1966.

« Vers 1968, Patrice Dubé démolit la bâtisse pour les matériaux. Le 6 novembre 1974, la Municipalité vend le terrain à Clément Dubé. »

Source citation: [LÉVESQUE, Ulric]

Extrait de
Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
Directions

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