Vous préférez lire ? Voici la transcription de l’audio
Les aboiteaux : dompter le fleuve
« Vous apercevez les aboiteaux, ce sont ces digues sur lesquelles vous voyez des gens marcher ou peut-être rouler présentement, elles servent non seulement à empêcher les eaux salées du fleuve d’envahir les terres à marée haute, mais aussi à évacuer à marée basse les eaux d’écoulement provenant de la pluie et de la fonte des neiges. Ainsi, les terres récupérées étaient peu à peu débarrassées de leur teneur en sel… ce qui permettait de semer…
Regardez vers l’horizon… juste là, droit devant le grand kiosque… Imaginez… un quai de bois, des goélettes accostent doucement, les gens discutent, des hommes sans tarder débarquent des lourdes boîtes…
Le quai : un carrefour
Il y a un premier quai privé qui est bâti en 1874 par Barthelemy Anctil, cultivateur et navigateur… puis, dès 1885, un autre quai de bois est construit, par le gouvernement cette fois… à peu près au même endroit… Au départ, il mesure 580 pieds de long par 20 de large. Il est rallongé à plusieurs reprises, jusqu’à mesurer 1 332 pieds.
Il y a beaucoup d’envasement ici. On doit donc enlever souvent la vase qui s’accumule et enlève de la profondeur d’eau aux bateaux qui ont besoin d’accoster. Il y a beaucoup de vie autour du quai. C’est là qu’a lieu le transbordement des marchandises arrivant par goélette à fond plat.
Vous savez pourquoi la majorité des goélettes du Saint-Laurent ont la particularité d’être à fond plat? C’est pour permettre l’échouement des embarcations sur les rives. Les habitants pouvaient alors, à marée basse, se rendre à pied pour transborder les marchandises.
Arrivent des villes du sucre, de la mélasse, du fer, de la vitre, du rhum, des alcools. En revanche, les campagnes fournissent du bois de construction, du blé, des grains, des volailles, du bétail vivant, du beurre, du sucre d’érable…
Le chemin du Roi
Derrière vous, le long de l’autoroute 20, il y avait près de là l’ancien chemin, que l’on appelait le chemin du Roi. Il est tracé par le grand voyer, c’est-à-dire celui qui est mandaté pour tracer les chemins. Au début des années 1 700, la plupart des terres du premier rang sont concédées. Des petits chemins tortueux permettent de se rendre d’une terre à l’autre.
En août 1713, le premier chemin royal de la seigneurie de La Pocatière est tracé par le grand-voyer Pierre Robineau de Bécancour. Le chemin est à quelques reprises modifié pour éviter qu’il soit inondé lors des grandes marées.
Le chemin de fer
Avec l’arrivée du chemin de fer en 1859, le transport maritime change de vocation. Peu à peu au XXe siècle, les goélettes se mettent à transporter plus de pulpe de bois et moins des autres marchandises. C’est la grande période de la pitoune !
Puis le quai, comme bien d’autres à l’époque, tombe sous les pics des démolisseurs en 1981. De nos jours, le bord de l’eau est praticable, notamment par la piste cyclable des Aboiteaux, où on peut faire de la marche, du patin à roues alignées et du vélo.
Profitez-en pour vous balancer devant l’infini de l’horizon… Nous vous attendons tout en haut de la Côté, près du Collège Sainte-Anne. Prenez votre temps, nous ne sommes pas pressés ».
Source image : La route du quai. Photo : Archives de la Côte-du-Sud
Source audio
Le tombeau de Couperin, Maurice Ravel (adaptation)
Vive les marins par l’ensemble vocal Musique à bouches
24 Préludes, no 13 en fa # majeur, op. 28 (Lento), Frédéric Chopin