Bombardier

De Moto-Ski aux rails du monde

Dans les années 1960, avant même l’arrivée de Bombardier, La Pocatière innove déjà. Tout commence dans un petit garage de la 9ᵉ Avenue. L’industriel Charles-Eugène Bouchard autorise son employé, Jean-Yves Bélanger, machiniste de L’Islet, à fabriquer une première motoneige après les heures de travail. 

Bélanger avait d’abord été embauché pour produire les coupe-légumes Cupidon, inventés par Isidore Hudon du restaurant Le Martinet.

Le prototype de motoneige séduit. Un second suit, puis une petite série artisanale.

Puis survient l’inattendu : lors d’une course en Ontario, deux Moto-Ski attirent l’attention d’acheteurs américains. Une semaine plus tard, ils débarquent à La Pocatière et en commandent 1 500.

Moto-Ski vient de passer du garage à l’industrie et La Pocatière entre dans l’histoire manufacturière du Québec.

Source image : Motoneige Moto-Ski, années 1960. Facebook


Un virage historique

Au milieu des années 1970, tout change : la neige laisse place aux rails. Dans l’usine, les travailleurs apprennent de nouveaux métiers : soudure haute tension, assemblage mécanique, machinage de précision. 

Vient ensuite le premier grand contrat : la construction de 423 voitures de métro à pour Montréal. L’ampleur du défi se mesure vite et, dans les ateliers, on répète qu’on construit « pour longtemps ».

Au fil des années, les trains de Montréal, New York ou Paris portent la signature discrète de La Pocatière.

En 2009, Laurent Beaudoin résume tout : « C’est ici que Bombardier est entrée dans le transport de passagers sur rails. »

Source image : Division du transport en commun à la Compagnie Bombardier à La Pocatière, 1981. Photo : BAnQ


Une fierté bien vivante

Ici, chacun connaît quelqu’un qui a « travaillé à l’usine ». On y entre souvent jeune : apprentissage sur le tas, mentorat, gestes précis. Aux pauses, on se raconte les délais serrés qu’on a « réussi pareil ».

En 2021, Bombardier cède son secteur ferroviaire à Alstom. Le logo change, mais pas l’appartenance. 

Pour plusieurs, l’usine fait partie de l’identité : elle a nourri des familles, bâti des carrières et ancré La Pocatière sur la carte du transport collectif mondial.

Source image : Construction de rames de métro à l’usine Bombardier à La Pocatière, 1975. Photo : BAnQ


Du hache-légumes au train

Source : Centre Bombardier, La Pocatière. Photo : Ville La Pocatière


L’homme qui créait de la richesse

Vous préférez lire ? Voici la transcription de l’audio

« Du hache-légumes au métro de New York en passant par le Moto-Ski, écoutons l’histoire de Jean-Yves Bélanger, l’homme qui créait de la richesse. »

Source image : Jean-Yves Bélanger. Photo : Facebook


Écoutez Jean-Yves Bélanger

Source : La Pocatière. Photo : Ville La Pocatière


Le tissu industriel

Source : La Pocatière. Photo : Ville La Pocatière


L’effet d’entraînement

Vous préférez lire ? Voici la transcription de l’audio

« Les relations entre Bombardier et les sous-traitants locaux évolués au fil des ans. À titre d’exemple, l’entreprise Pocatec est fondée en 1974 par trois professeurs du Cégep de La Pocatière. L’entreprise devient Technologies Axion en 2004.

À l’époque de la fondation de l’entreprise, les Cégeps ne peuvent pas accueillir des contrats en provenance d’entreprises privées. 

Puisque les Cégeps ne peuvent avoir de lien direct avec Bombardier, les professeurs sont engagés à titre d’employés réguliers pour dispenser de la formation, puis pour dépanner lorsque des problèmes techniques surviennent à l’usine. Le lien se transforme… Pocatec prend son envol… ! 

À certaines périodes de son existence, les contrats de Bombardier représentent 60 % du chiffre d’affaires de la compagnie. Ils permettent alors à l’entreprise de se recycler et de transposer les connaissances acquises pour développer des systèmes, ainsi que de soumissionner pour d’autres grandes entreprises.

Technologies Axion se spécialise maintenant dans la conception et la fabrication de systèmes d’information aux passagers et de systèmes de sécurité destinés aux marchés du Transport en commun, qu’il soit routier ou ferroviaire. Elle est un leader en fabrication et intégration de système audio et vidéo pour les transports publics.

La plupart des entreprises qui sous-traitent avec Bombardier ont connu la même évolution… Elles ont d’abord effectué des contrats de dépannage, ont développé leur produit et se sont diversifiées auprès d’autres clientèles pour assurer leur survie. Plusieurs ont atteint des renommées mondiales ! Voici quelques exemples : 

Le Centre spécialisé de technologie physique du Québec est fondé en 1983 et devient Novika en 2012. Novika réalise des mandats de recherche appliquée, de développement et de transfert dans différents domaines que ce soit pour la conception de produits mécaniques, électriques, électroniques ou électromécaniques, de procédés et d’équipements de production en passant par le développement de solutions logicielles. 

Au cours des dernières années, la collaboration Bombardier-Novika s’est poursuivie dans le domaine des procédés laser, une technologie utilisée pour la fabrication du nouveau métro Azur pour la ville de Montréal.   

Technologie Lanka, fondée en 1992, conçoit et fabrique des composantes électroniques et des équipements pour les trains et métros.

Graphie 222, fondée en 1972, produit des décalques industriels et des gabarits pour la production de pièces de wagon.

Comme vous le constatez, l’innovation semble bien faire partie de l’ADN des Pocatois et Pocatoises ! Et vous comprenez sans doute beaucoup mieux notre slogan : “C’est ICI que ça commence” ! Nous terminons ainsi notre voyage à travers le temps et le territoire de La Pocatière. Nous espérons sincèrement que vous avez apprécié votre circuit. Bon séjour à La Pocatière et non séjour au Kamouraska ! »

Source image : La Pocatière. Photo : Ville La Pocatière

Sources audio : Piano : Emotion — black_lion_trax Percussions : François Lapointe


Charles-Eugène Bouchard

Jean-Yves Bélanger n’est pas seul dans cette aventure. Charles-Eugène Bouchard, industriel respecté de La Pocatière, ouvre son atelier de la 9ᵉ Avenue à Bélanger pour bricoler les premiers prototypes de Moto-Ski. 

Employeur et bâtisseur, il transforme une idée en aventure manufacturière, bien avant l’arrivée de Bombardier. 

Ancien maire (1949-1955), son nom marque aujourd’hui une rue, un par cet une fondation crée en 1970 pour soutenir le Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, alors en difficulté financière.

Derrière ces traces visibles se dessine une famille profondément enracinée dans le Kamouraska, dont l’influence traverse ateliers, usines et institutions. Une lignée qui, depuis des générations, porte innovation et engagement comme vous l’entendrez dans l’histoire des Bouchard au Kamouraska ; une véritable saga familiale qui éclaire le territoire.

Source image : Entreprises en construction dans le parc Charles-Eugène-Bouchard., 2022. Photo : Maxime Paradis, Le Placoteux


Passeurs de mémoire : Bouchard

La famille Bouchard occupe une place de choix dans les circuits virtuels Passeurs de mémoire, qui offrent un regard inédit sur l’histoire de La Pocatière

Écoutez le récit de l’arrivée des Bouchard en Nouvelle-France, puis au Kamouraska.

Également disponible

Site externe à BaladoDécouverte :

Explorez le circuit Bouchard sur passeursdememoire.com.

Parcours Fil Rouge vous invite aussi à suivre la trace d’autres familles pionnières du Kamouraska et de la Grande-Anse sur passeursdememoire.com. Des capsules gratuites enrichissent l’expérience des circuits Passeurs de mémoire.


Écoutez l’histoire des Bouchard au Kamouraska

Source : Carte du circuit « Passeurs de mémoire Bouchard au Kamouraska

L’histoire des Bouchard du Kamouraska

« Un terreau fertile pour des racines profondes…

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins, portez ces noms souvent familiers. Avec “Passeurs de mémoire”, Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans votre région d’origine.

La Nouvelle-France

Né à Andilly-les-Marais, près de La Rochelle, Michel Bouchard figure parmi les neuf pionniers dont descendent tous les Bouchard d’Amérique. Attiré par les conditions offertes pour peupler la colonie, Michel s’engage en mars 1657 à venir travailler en Nouvelle-France pour trois ans. Il habite la Côte-de-Beaupré et, cinq ans après son arrivée, y épouse Marie Trottain (Trottine). Née vers 1645 dans le Poitou, Marie s’embarque pour la Nouvelle-France en 1662, l’année de son mariage.

Le couple s’établit sur la Côte-de-Beaupré, puis dans la seigneurie de la Bouteillerie, comme le confirme l’acte de baptême de leur fils Gabriel datant de janvier 1676. Le seigneur Deschamps concède une terre à Michel Bouchard en 1676 ou l’année suivante.

Comme d’autres arrivants, Michel pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud. Ses enfants, Étienne et Madeleine, de même que son petit-fils Jean-Baptiste, sont parrains et marraine de quelques-uns d’entre eux.

Marie Trottain décède dans la trentaine et, en 1682, Michel épouse la veuve Madeleine Laporte. Il ne réside pas longtemps à Rivière-Ouelle, puisqu’on le retrouve à Québec au début des années 1690, où il travaille comme cabaretier.

Les descendants

Plusieurs personnalités connues portent le patronyme Bouchard, mais ne descendent pas nécessairement de Michel Bouchard. Mentionnons Lucien Bouchard, premier ministre du Québec de 1996 à 2001, l’anthropologue Serge Bouchard, l’auteure-compositrice-interprète Marie-Mai ou la sportive Eugénie Bouchard. À la fin du XXe siècle, le patronyme figure au 5e rang des noms de famille du Québec avec environ 40 000 porteurs de ce nom. »

Extrait de
Circuit Fil Rouge La Pocatière

Circuit Fil Rouge La Pocatière image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
Directions

Téléchargez l'application BaladoDécouverte (pour Android et iOS) et accédez au plus vaste réseau francophone d’expériences de visites guidées en Amérique.