Paysage

L’histoire du belvédère

Le Belvédère de la Croix occupe une place emblématique dans le paysage pacômien. Visible de loin, de jour comme de nuit, il sert à la fois de repère et de lieu de contemplation.

Érigée au XIXᵉ siècle en signe de gratitude pour la protection du village durant le typhus de 1847, la première croix est devenue symbole de foi et de solidarité, scellant durablement le lien entre les habitants et leur montagne.

La croix actuelle, inaugurée en 1951, se dresse toujours sur le site, réaménagé en 2015 et lauréat d'un prix Les Arts et la Ville 2016.

Porte d’entrée des Circuits Fil Rouge, le belvédère demeure un lieu vivant et inspirant.

Source image : Le Belvédère de la Croix de Saint-Pacôme vers 1951. Photo : Famille Norbert-É. Dionne


La météorite de Charlevoix

Vu de l’espace, l’astroblème de Charlevoix forme un immense cratère circulaire, vestige du choc d’une météorite géante ayant percuté la Terre il y a environ 400 millions d’années. 

Ce cataclysme a sculpté le relief et façonné le paysage spectaculaire visible depuis le belvédère.

Depuis, la région connaît une activité sismique intense pour un territoire continental : les secousses récurrentes témoignent des fractures profondes du socle rocheux. 

Les chercheurs de la Commission géologique du Canada estiment que cet impact a fragilisé durablement la croûte terrestre, expliquant la fréquence des séismes.

Pour en apprendre davantage, visitez l’Observatoire de l’Astroblème de Charlevoix à La Malbaie.

 

Source contenu : Nadeau, L., Lamontagne, M., Brouillette, P., Locat, J., Castonguay, S. et Morin, A. (2020). Tremblements de terre et failles de l’astroblème de Charlevoix, Québec. Commission géologique du Canada 

Source image : Vue satellitaire de l’astroblème de Charlevoix, Astradarsat-2, Macdonald, Dettwiler and associates Ltd., Agence spatiale canadienne, Archives de l’Observatoire de l’Astroblème de Charlevoix 


Une terre mouvante

Sous vos yeux s’étend une plaine fertile façonnée par ces mouvements terrestres. 

Depuis le grand séisme de 1663, la région est régulièrement secouée par des tremblements de terre parfois violents. Six des plus importants séismes du Québec sont nés ici, faisant du Kamouraska et de Charlevoix l’une des zones sismiques les plus actives de l’Est du pays. 

Le 5 février 1663, un séisme exceptionnel, estimé à magnitude 7 (Mw), frappe : les clochers tremblent, les glaces se fendent, le sol bondit comme une mer démontée.

Hiérosme Lallemand, témoin du temps, écrit : « […] un grand bruissement s’entendit […]. Les cloches sonnaient d’elles-mêmes ; les poutres craquaient ; la terre bondissait […]. Les glaces épaisses se fracassaient, s’ouvrant en divers endroits d’où s’évaporaient de grosses fumées […] et le grand fleuve Saint-Laurent parut tout blanchâtre jusque vers Tadoussac […]. »

Ce séisme légendaire demeure le plus puissant jamais ressenti en Nouvelle-France.

Source citation : Hiérosme Lallemand, Relations des Jésuites de 1663

Source image : La météorite vue depuis le Belvédère de la Croix à Saint-Pacôme. Photo : Christian Dionne, 2015


Les secousses des XVIIIe et XIXe siècles

Le 6 décembre 1791, un séisme secoue la côte entre Baie-Saint-Paul et L’Îsle-aux-Coudres : murs fendus, cheminées effondrées, panique.

Les 7 et 8 mai 1831, deux secousses frappent encore. Le Canadien rapporte : « […] À Kamouraska, un bruissement rauque et sourd, venant des montagnes du nord du fleuve éclata en deux bonds violents […]. Le fleuve a été saisi d’un bouillonnement général. » 

Le 17 octobre 1860, le tremblement (magnitude 6,0 Mw) est ressenti jusqu’à Québec et Hamilton. À Rivière-Ouelle, la croix du clocher tombe et les murs de l’église se fissurent. 

Le 20 octobre 1870, un séisme de 6,5 (Mw) secoue la vallée, de Rivière-Ouelle jusqu’à Québec. Bien que les dommages matériels soient limités, il demeure l’un des plus puissants du XIXᵉ siècle.

Source contenu : Joseph Clovis Kemler Laflamme, Les tremblements de terre de la région de Québec, 1908, Société royale du Canada 

Source image : Zone sismique de Charlevoix-Kamouraska, Maurice Lamontagne (CGC), Pascal Marceau & Jean-Philippe Pouliot, MSP Québec, 2013


Les séismes du XXe siècle

Au XXᵉ siècle, la terre continue de gronder.

Le 28 février 1925, un séisme de 6,2 (Mw) secoue la Côte-du-Sud et le Bas-Saint-Laurent. À Rivière-Ouelle, l’église et le cimetière subissent de lourds dommages, et une crevasse de 45 mètres s’ouvre dans le sol.

Le 25 novembre 1988, un séisme de 5,9 (Mw) frappe le Saguenay. Les secousses se propagent jusqu’à Toronto et au Michigan. Avec plus de 12 millions de dollars de dommages, il demeure le plus puissant au XXᵉ siècle au Québec, après celui de 1925.

Source image : Carte d’intensité, Geological Survey of Canada, Open File Report 3279 (1996), Geological Survey of Canada


Les haies brise-vent

Depuis le belvédère, on aperçoit en contrebas de longues haies brise-vent, véritables rubans verts qui structurent les champs du Kamouraska. 

Ces rideaux d’arbres, soigneusement plantés par les cultivateurs, ne sont pas que décoratifs : ils domptent les vents, abritent les récoltes et retiennent l’humidité du sol.

Leur alignement régulier donne au paysage une allure géométrique et harmonieuse, typique de la vallée. 

Héritées d’un savoir-faire transmis de génération en génération, ces haies incarnent l’art d’habiter la terre en équilibre avec la nature, plutôt que de la contraindre.

Source texte : André Vézina, Les haies brise-vent, I.T.A., La Pocatière, 2000

Source image : Haie brise-vent à Saint-Pacôme. Photo : Caroline Bolieu, 2015


Une ingénieuse protection

Avec le défrichement, les champs, jadis protégés par la forêt, sont devenus vulnérables aux vents du fleuve et aux bourrasques venues des montagnes. 

Pour y remédier, les cultivateurs ont planté des haies protectrices le long des routes et des terres cultivées. 

Elles stabilisent les sols, réduisent la perte d’humidité et créent un microclimat favorable aux récoltes.

En hiver, elles retiennent la neige et protègent les fermes isolées.

À la fois outil agricole et élément paysager, la haie reflète la créativité et la persévérance des habitants du Kamouraska.

Source image : Haie brise-vent aux abords du chemin. Photo : Richard Mercier, 2011


Un abri pour la vie

Les haies brise-vent servent aussi des sanctuaires pour la faune. 

Entre leurs branches se nichent oiseaux, lièvres, insectes pollinisateurs et petits mammifères, essentiels à l’équilibre des écosystèmes agricoles. 

Elles relient les boisés entre eux, formant de véritables corridors écologiques qui stimulent la biodiversité. 

Ces abris naturels limitent les ravageurs et soutiennent la pollinisation, renforçant la santé des cultures sans avoir recours à trop de produits chimiques.

Discrètes, mais essentielles, les haies contribuent à la vitalité des terres et au maintien d’un paysage vivant et habité.

Source image : Haie brise-vent dans un champ cultivé. Repéré à : https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Regions/mauricie/infolettreMAPAQMauricie/autresarticles/Pages/Des-brise-vents-dans-les-champs--pourquoi-s’en-passer.aspx


Une technique éprouvée

La haie brise-vent typique du Kamouraska associe plusieurs essences (arbustes, feuillus et conifères) disposées en rangées alternées pour créer un écran de protecteur.

Sa conception repose sur une observation fine des vents et du relief, adaptée à chaque ferme.

Dès 1933, l’École supérieure de Sainte-Anne-de-la-Pocatière enseigne ces pratiques à ses futurs agronomes, préfigurant l’agroforesterie moderne.

Le dessin d’un verger familial entouré d’une haie figure dans leurs manuels.

Ce savoir issu du terrain, transmis aux générations d’agriculteurs, positionne le Kamouraska comme un pionnier de l’agriculture écologique.

Source image : Les champs, manuel d’agriculture, tome 1, professeurs de l’École Supérieure de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Québec, L’Action catholique, 1933

Un paysage façonné

Au fil du temps, les haies brise-vent ont redessiné les parcelles agricoles, donnant au Kamouraska une silhouette unique. 

Alignées en bandes régulières, elles découpent les parcelles, rythment les saisons et guident le regard jusqu’au fleuve. 

Ces structures vivantes relient le patrimoine naturel au patrimoine humain : elles racontent la patience et l’ingéniosité des cultivateurs. 

En conciliant production et protection, elles ont façonné un paysage à la fois productif et poétique, véritable signature visuelle du Kamouraska.

Source image : Vue depuis le Belvédère de la Croix. Photo : Parcours Fil Rouge, 2025

Extrait de
Circuit Fil Rouge Belvédère de la Croix

Circuit Fil Rouge Belvédère de la Croix image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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