Eau

Paysage identitaire

Le panorama qui s’ouvre depuis le belvédère domine les villages de Saint-Pacôme et Rivière-Ouelle tout comme la plaine avoisinante.

Ce point de vue incarne un paysage identitaire fort du Kamouraska, où la rencontre du fleuve et des terres agricoles façonne un décor vivant et emblématique.

Ciels changeants, battures miroitantes, silhouettes de Charlevoix à l’horizon… autant de motifs repris par Horatio Walker ou Riopelle. Ces éléments naturels ont inspiré de nombreux artistes, comme jadis ils nourrissaient l’imaginaire des habitants.

Hier comme aujourd’hui, habitants et visiteurs prolongent une tradition de contemplation qui nourrit la mémoire collective et inspire.

Le belvédère invite à la pause, renouant un lien intime entre l’observateur et ce paysage chargé d’histoire.

 

Source image : Le Belvédère de la Croix. Photo : onvasepromener.ca. Repéré sur : https://www.onvasepromener.ca/les-endroits/belvedere-de-la-croix


Au-delà du regard

Nourricier, vital, symbolique, le fleuve a d’abord assuré la survie des colons, puis fait prospérer Rivière-Ouelle grâce à la pêche à l’anguille et au marsouin. 

Cette relation de dépendance ancestrale souligne l’héritage vivant d’un savoir-faire qui unit l’homme à la nature.

Le varech fertilisait les champs tandis que les marais au foin de mer nourrissaient les troupeaux et servaient d’abris naturels pour la faune.

Et, quand le temps s’y prête, il faut admirer ce spectacle immuable et magnifique du soleil qui s’efface derrière les montagnes des Laurentides, embrasant le fleuve, les villages et les rivages.

Les cycles du jour et du fleuve tissent une harmonie, rappelant l’interdépendance entre la vie humaine et les rythmes naturels.

Source image : La rivière et le fleuve. Photo : Pierre Lahoud, 2019


Les eaux nourricières

Depuis le belvédère, on perçoit l’invisible, cette zone où l’eau douce de la rivière rencontre l’eau salée du fleuve sans frontière apparente.

Le panorama ne trace pas une ligne nette, mais révèle par ses teintes changeantes, ses mouvements ondoyants et sa riche biodiversité, transition subtile et vivante entre deux mondes.

On y distingue la lente progression de la salinité, le brassage des eaux et l’habitat singulier qu’ils façonnent ensemble, un écosystème fragile et précieux.

Ici, voir l’invisible devient une expérience, une invitation à contempler la richesse et la fragilité de ce milieu amphibie au-delà des apparences.

L’anguille d’Amérique, migratrice fascinante, remonte ces eaux saumâtres avant de repartir vers la mer.

Et, même à marée basse, quand les vasières disparaissent du regard, le fleuve continue de sculpter ses rivages et d’inspirer la vie des habitants.

Source image : Pêche à l’anguille. Photo : Nicolas Gagnon, Municipalité de Rivière-Ouelle


Le rythme des marées

Depuis le belvédère, le fleuve paraît paisible, mais il respire au rythme puissant et régulier des marées qui, deux fois par jour, font monter et descendre les eaux de plusieurs mètres. 

À marée basse, les battures s’étirent comme un vaste tapis minéral, offrant refuge et nourriture aux oiseaux tout en dévoilant les anciens piquets d’une pêche ancestrale. Cette pêche à l’anguille, pratiquée à marée basse, utilise un système ingénieux de filets et de pièges fixés sur ces pieux, guidant le poisson vers des coffres. 

À marée haute, les flots effacent tout, parfois jusqu’aux terres cultivées, rappelant la force tranquille et la présence constante du fleuve.

Les habitants d’ici savent composer avec ces marées. Hier, les riverains guettaient ce mouvement pour pêcher l’anguille ou pour récolter le foin de mer. Aujourd’hui encore, promeneurs et observateurs d’oiseaux s’arrêtent aux mêmes endroits, émerveillés par ce spectacle sans cesse renouvelé. 

Source image : Odeurs du fleuve à marée basse. Photo : Isabelle Cochennec, 2025


Les vasières et les battures

À perte de vue, les vasières du Kamouraska dessinent un paysage unique. Riches en nutriments, elles sont le garde-manger des milliers des oiseaux migrateurs : bécasseaux, pluviers, bernaches. 

À Rivière-Ouelle comme à Saint-Pacôme, on reconnaît depuis toujours ce rythme familier : cris perçants des bernaches à l’automne, vols rasants des bécasseaux au printemps, silhouettes qui ponctuent la vie locale.

Aux grandes marées d’automne, le ciel se remplit de leurs cris, spectacle immuable qui émerveille riverains et voyageurs.

Autrefois, les habitants descendaient récolter le foin de mer, un fourrage précieux pour traverser les longs hivers ruraux. Aujourd’hui, les visiteurs admirent la même richesse naturelle, incarnant la complicité entre humain et territoire.

Source image : Battures à Rivière-Ouelle. Photo : Patrick Bergeron, Radio-Canada, 2021


Vie et diversité

Devant nous, le fleuve révèle son équilibre fragile. 

Le grand héron, immobile au bord de l’eau, illustre la patience des prédateurs. Dans le ciel, les oies suivent leurs routes migratoires, tandis que les petits échassiers prospectent sur la grève, profitant de la richesse nutritive des vasières.

Ici, chaque saison renouvelle ce ballet naturel, familier aux riverains comme aux visiteurs. La biodiversité anime encore le quotidien des habitants et rappelle la cohabitation millénaire entre l’homme et le fleuve. 

 

Source image : La faune aviaire à Rivière-Ouelle. Photo : Léonie Lévesque, 2017


Les glaces du Saint-Laurent

En hiver, le fleuve se métamorphose en monde mouvant, un monde de silence et de craquements. Des radeaux de glace dérivent, s’empilent et forment des paysages étranges.

Au XIXᵉ siècle, certains traversaient audacieusement pour gagner les îles en carriole ou en raquettes. Aux alentours, on se souvient de ces hivers où la glace transformait le fleuve en passage risqué, mais vital.

Ce décor hivernal, puissant et périlleux, incarne la résilience des riverains face à des saisons aussi rudes que spectaculaires.

Source image : Canot traversant le Saint-Laurent, à Québec, en hiver. Photo : L'Opinion publique, Vol. 1, no 6, 12 février 1870


Ressources marines oubliées

Chaque marée apportait sa part de vie et de ressources, reflet de l’ingéniosité et du lien vital qui unissait les habitants à ce fleuve généreux et précieux.

Bien avant l’abondance moderne, les familles d’ici vivent au rythme changeant du fleuve dont elles tirent leur subsistance. 

Elles pêchent l’anguille à l’aide de fascines, ces structures ingénieuses en branchages tressés dressés à marée basse pour piéger le poisson, ramassent le capelan qui roule sur les berges au printemps, ou chassent le marsouin dans les eaux peu profondes. Elles récoltent aussi coques et moules.

Cette relation millénaire avec le fleuve, ses cycles, ses dons et ses humeurs a façonné une culture vivante où chaque marée rythmait la vie, la survie et la mémoire des habitants : un équilibre fragile entre l’homme et la nature.

Source image : L’anguille, poisson des pêcheurs sans bateau. Photo : La Presse, 2013


Le grand voyageur des eaux

Le saumon atlantique, grand voyageur, symbole de force et de fidélité, demeure lié à la rivière Ouelle. 

Avec son dos bleu-vert foncé moucheté de taches noires et ses flancs argentés, il incarne à la fois la puissance et la beauté du fleuve.

Profil fuselé et muscles puissants, le saumon atlantique peut atteindre un mètre et peser jusqu’à 25 kilos. 

Jadis, dans sa livrée marine d’un bleu éclatant, il franchissait les rapides pour frayer avec une énergie impressionnante.

La femelle dépose plusieurs milliers d’œufs dans le gravier, et deux ans plus tard, les jeunes redescendent vers la mer avant de revenir fidèlement dans la rivière où ils sont nés.

Son long périple, semé d’embûches, incarne la résilience et le lien profond qui unit le fleuve, ses rivières et le territoire du Kamouraska.


Source image : La belle prise de 4,5 kilos de Luc Martin. Archives Roger Martin, 2013


Pêcher le saumon dans la rivière Ouelle

Longtemps, le saumon atlantique a animé la rivière Ouelle de ses remontées spectaculaires.

Au fil des saisons, on l’apercevait, dos bleu-vert et flancs argentés, défiant le courant pour frayer dans les eaux claires du Kamouraska.

Symbole de force et de persévérance, il faisait partie du paysage et des récits locaux.

Mais peu à peu, les barrages, la dégradation des habitats et les changements environnementaux ont eu raison de sa présence.

Aujourd’hui, la pêche y est interdite : le saumon a quitté la rivière, laissant derrière lui le souvenir d’un temps révolu.

Source image : Rivière-Ouelle. Photo : Nancy Fortin, 2013


Le fleuve, grande voie de passage

En regardant les navires modernes depuis le belvédère, on imagine le rôle qu’a jadis joué le fleuve, véritable trait d’union entre le Kamouraska et le reste du monde.

Avant les routes pavées et le chemin de fer, le Saint-Laurent était la grande voie de passage des hommes et des marchandises.

Goélettes, barges et caboteurs transportaient le bois, le foin, le blé et bien des rêves.

De Rivière-Ouelle à Québec ou Charlevoix, on suivait le rythme des marées, porté par le vent et le courant.

Le fleuve, alors, unissait les rives bien plus qu’il ne les séparait.

Source image : Le quai de Rivière-Ouelle. Photo : Olivier Jean, 2022, La Presse

Le traversier Le Champlain

Du haut du belvédère, on devine la silhouette du traversier Le Champlain fendant les vagues, laissant derrière lui le sillage d’histoires et d’écume.

Au début du XXᵉ sièclece bateau reliait Rivière-Ouelle et La Malbaie, offrant aux habitants un lien vital entre les deux rives.

Son passage régulier marquait le temps, au son du sifflet et du grondement de ses machines.

Bien plus qu’un moyen de transport, Le Champlain symbolisait l’audace des gens du fleuve et le souffle de modernité qui animait le Kamouraska au tournant du siècle.

Source image : Le traversier « Le Champlain » au début du XXe siècle. Photo : Municipalité de Rivière-Ouelle

Extrait de
Circuit Fil Rouge Belvédère de la Croix

Circuit Fil Rouge Belvédère de la Croix image circuit

Présenté par : Parcours Fil Rouge
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