L’identité est fragmentaire. Elle se construit autant de ce qui nous appartient que de ce qui nous échappe, par accumulation de couches successives et par effacement. Elle se développe à travers les signes, les absences et les vestiges qui façonnent notre rapport au temps et au territoire.
Gatineau, territoire de dualités et de résilience, porte une identité marquée par ses transformations, parfois brutales, parfois silencieuses. Les traces matérielles disparaissent, modifiant notre rapport à la mémoire. Pourtant, les paysages et communautés effacés continuent d’influencer ce que nous sommes.
À partir de cartes historiques de Hull d’avant 1900, des formes urbaines et bâtiments aujourd’hui disparus sont superposés aux cartes actuelles. Ces fragments effacés deviennent le motif de l’œuvre, constituant un vocabulaire graphique issu de l’histoire du lieu.
À la manière d’un fanal contemporain, la sculpture prend la forme d’une enseigne lumineuse. Sa surface réfléchissante capte l’image actuelle de la ville, tandis que ses perforations dessinent une cartographie abstraite de formes disparues. La lumière intérieure rend visibles ces absences.
Ensemble évoque l’identité collective comme un assemblage de fragments : histoires, communautés, traces et manques. L’œuvre rassemble ces présences d’hier et d’aujourd’hui par la lumière et la réflexion.