Allumettières s’inspire des falaises du boulevard des Allumettières, cette grosse paroi rocheuse qu’on longe en char sans trop la regarder. C’est une réplique en bois brûlé de cette coupe dans le Bouclier canadien, une montagne qu’on a fendue pour faire passer une route. On voit encore les trous forés pour les explosifs. C’est rough, c’est intense, presque sublime. Si j’arrive à faire lever les yeux à quelqu’un pris dans le trafic pour regarder la paroi et se dire « maudit que c’est nice », then mission accomplishedalors mission accomplie. »
La pièce rend hommage aux allumettières, ces femmes qui travaillaient à l’usine E.B. Eddy, tout près du sSentier culturel. Le grand brasier qui a suivi en 1900 a façonné une partie importante de la mémoire locale. Dans cette œuvre, le feu n’est pas destructeur,; il est transformateur. Il marque la matière sans l’anéantir.
Les strates sont usinées dans 2000 lb de bois, puis sculptées à la main et brûlées à la torche. Le feu marque le bois, le noircit, mais ne le détruit pas. Ça devient dense, presque minéral, comme si le bois voulait se prendre pour de la roche.