Le pavillon 1, pivot du domaine
Je ne sais pas pour vous, mais quand je m’approche du pavillon 1 et des marches de l’entrée principale, je m’imagine bien prendre le thé, ou un scotch selon l’heure de la journée, sur la belle terrasse de pierre, juste là. Avoir une vue sur le domaine, du haut de la petite colline, à travers les arbres, à la fois près de l’action, et juste assez en retrait… (soupir de satisfaction)
Permettons-nous ici d’imaginer que Charles Benjamin Howard a eu une réflexion de ce genre lorsqu’est venu le temps de choisir le site exact de sa résidence.
C’est en 1917 que débute la construction de la maison. La réalisation des plans est confiée à l’architecte sherbrookois Louis-Napoléon Audet, un choix à la fois logique et quelque peu surprenant. En effet, à l’époque, on connaît Audet davantage pour ses réalisations religieuses, comme l’archevêché de Sherbrooke, que pour des projets résidentiels. Cela dit, il a relevé le défi avec brio pour les deux résidences d’Howardene!
Bien intégré à son environnement, le pavillon 1 loge, à partir de 1920, la famille de Charles B. Howard et de son épouse, Alberta May Campbell. Lorsqu’ils emménagent au domaine, la famille compte 4 personnes : Charles, Alberta, Benjamin Campbell – dit Bud – et Douglas Steven. Une maison de 35 pièces pour quatre personnes! En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Vous vous en doutez, pour faire rouler une maison de cet acabit, ça prend du personnel, entre 8 et 10, selon certaines sources, dont la majorité logeait à même la maison.
Avez-vous remarqué le porche, situé complètement à gauche? Il est sans doute l’un des éléments extérieurs les plus remarquables de la construction, avec ses quatre piliers de maçonnerie à contrefort, ses arcs surbaissés et son panneau de pierre sculpté sur lequel on distingue un grand H et la date 1920, entremêlés de vignes. Nul doute que cette luxueuse composition devait en imposer aux visiteurs qui arrivaient! Actuellement en mauvais état, le porche sera démonté brique par brique, puis reconstruit, dans un avenir, on l’espère, rapproché. C’est du moins le projet énoncé en juillet 2026.