La Légion, pour aider et supporter
Qui aurait cru qu’une parcelle d’histoire militaire se trouvait ici, sur la rue Hertel, non loin du parc des Quatre-Pins… Même si l’histoire en ces lieux est assez récente, permettons-nous ici d’aborder l’héritage de la Légion royalecanadienne, dont la filiale sherbrookoise fêtera ses 100 ans dans quelques années.
Avant même la fin de la Première Guerre mondiale, des soldats blessés et invalides sont rapatriés au pays et se retrouvent sans ressources ou presque. Uniquement pour ce conflit, on évalue qu’entre 117 000 et 137 000 soldats ont été libérés pour des raisons médicales. Lorsqu’on ajoute les soldats démobilisés à la fin de la guerre souvent victimes de blessures invisibles, cela laisse au minimum 170 000 anciens combattants susceptibles d’avoir besoin de soutien médical, psychologique ou financier. À l’époque, ce sont surtout des œuvres de bienfaisance qui les prennent en charge, mais de l’avis de plusieurs, c’est inacceptable et insuffisant. Diverses associations, comme les Amputés de guerre ou les Anciens combattants tuberculeux, voient le jour pour aider les vétérans. La création de l’Association des combattants de la Grande Guerre est un pas marquant vers la mise sur pied de la Légion canadienne du service de l’Empire britannique, en novembre 1925. Très rapidement, il existe plus de 160 filiales de la Légion à travers le Canada. En gros, on désire créer un filet de sécurité permettant de prendre soin des anciens combattants rendus invalides par la guerre ainsi que leurs personnes à charge, tout en préservant une mémoire collective pour les sacrifices faits par ces soldats pour maintenir la paix mondiale. Dans cette optique, ce sont d’ailleurs des membres de la Légion royale canadienne et de ses filiales qui prennent en charge les commémorations de l’Armistice depuis un peu plus d’un siècle.
De son côté, la Légion de Sherbrooke, filiale n° 10, est officiellement reconnue le 1er janvier 1931. Sur le certificat d’officialisation, on retrouve notamment les noms de Williams Kempton Foss, Sydney Edward Francis, Thomas Edgar Hall, Ernest Otto Thomas et Arthur Giguère.
L’organisme, composé de bénévoles militaires et civils, a pour mission d’aider et de soutenir les anciens combattants, tout en s’impliquant dans sa communauté. Ses actions se regroupent sous quatre axes, soit la socialisation des vétérans, le soutien aux familles de militaires, l’implication communautaire et la reconnaissance du service militaire. La Campagne du Coquelicot est sans doute l’une des activités les plus connues du grand public. Cette dernière a d’ailleurs fêté ses 100 ans d’existence en 2021.