Le manège militaire de la rue William

De palais de justice à manège militaire


La salle de cour du palais de justice de la rue William

En 1857, des membres et employés du District judiciaire de Saint-François prennent la pose dans la salle de cour du palais de justice de la rue William. Le juge Short puis, de gauche à droite : (?) Hyndman (crieur à la cour), John Hollowel (avocat), Elzear Clark (Grand Connétable ou High Constable), J. S. Sanborn (avocat), George Frederick Bowen (shérif), L. E. Morris (avocat), John Short (protonotaire), George Robertson (avocat), Edward T. Brooks (avocat), T. Richie (avocat) et (?) Stevens (crieur à la cour).


Une parade militaire sur la rue Dufferin

Le 4 août 1914, les soldats du 53rd Regiment de Sherbrooke paradent dans les rues de Sherbrooke après la déclaration de guerre de l’Angleterre à l’endroit de l’Allemagne. Les miliciens sont précédés par le major K. E. Kennedy, le lieutenant-colonel J. J. Penhale, le lieutenant-colonel F. C. Bowen, le colonel E. B. Worthington et le lieutenant-colonel R. J. Spearing. Des volontaires du régiment seront intégrés au 117th Eastern Townships Battalion CEF des Forces armées canadiennes au cours de la Première Guerre mondiale.


L'arbre généalogique du Sherbrooke Hussars

En septembre 1866, une première unité officielle de miliciens dans la région est mise sur pied, à Melbourne, sous le nom de Sherbrooke Battalion of Infantry. Dès l’année suivante, à la suite d’une réorganisation, le 53rd Sherbrooke Battalion of Infantry voit le jour : George Frederick Bowen en sera le premier commandant. Dans les décennies suivantes, des membres de l’unité sherbrookoise s’illustrent dans plusieurs conflits importants, notamment lors de la rébellion des Métis dans l’Ouest canadien, de la Guerre d’Afrique du Sud ainsi que durant la Première Guerre mondiale (la Somme, Arras et Vimy) et la Deuxième Guerre mondiale (débarquement de Normandie). C’est en 1965, après plusieurs réorganisations, changements de dénominations et amalgames, que l’unité fondée 100 ans plus tôt prend le nom de The Sherbrooke Hussars.


Des membres du Sherbrooke Hussars et les missions de maintien de la paix

Au début des années 1990, un bon nombre de militaires sherbrookois participent à des missions de maintien de la paix d’envergure à Chypre et en ex-Yougoslavie. En novembre 1993, des membres des Sherbrooke Hussars ayant déjà participé à une telle mission ont pris la pose. Vêtus de leur uniforme et du couvre-chef des Casques bleus, ils rendent hommage à l’un des leurs qui venait de perdre la vie en mission. 


Une vue de l'intérieur du garage

La portion « garage » du manège militaire de la rue William a été ajoutée dans les années 1970. Peinte aux couleurs du régiment, elle sert notamment à l’entretient et au stationnement de véhicules, mais aussi à certaines manœuvres d’entraînement. Photo : février 2006.

Prêt du Sherbrooke Hussars.


La 52e Ambulance de campagne de Sherbrooke sur la rue William

En octobre 2004, dans une entrevue donnée au journal La Tribune, le major Martin Barrette, commandant de la 52e Ambulance de campagne de Sherbrooke, présente « le mannequin qui sauve des vies ». En effet, l’unité de réserve du service de santé venait alors d’accueillir un mannequin révolutionnaire et technologique, à l’époque, pour entraîner les réservistes à réagir à une multitude de situations où la vie d’un patient serait en danger. Originaire des années 1950, l’unité prend son envol dans les années 1970 ainsi que le nom de 52e Compagnie médicale en 1978. En 1997, à la suite d’une restructuration de la milice, elle est intégrée au 35e Groupe-brigade du Canada et convertie en ambulance de campagne. Depuis 75 ans, ses membres se distinguent par leurs compétences lors de compétitions, mais aussi sur le terrain, lors de situations de crise. 


Une vue du salon rouge

L’intérieur du Mess des officiers du manège du Sherbrooke Hussars en septembre 2010. Ce local, aussi appelé Salon rouge, était situé dans la « vieille partie » de l’édifice de la rue William.

Prêt du Sherbrooke Hussars.


Bomb, un témoin de la participation à la Deuxième Guerre mondiale

Durant la Deuxième Guerre mondiale, les volontaires du 53rd Sherbrooke Regiment se joignent au Sherbrooke Fusilier Regiment, unité formée pour la durée du conflit (1940-1946). Les chars blindés de l’unité débarquent en Normandie le 6 juin 1944, s’illustrant ainsi à un moment décisif du conflit. Ce char d’assaut, surnommé Bomb, a fait partie de l’équipage. Installé au parc du Champ-de-Mars, situé sur la rue Queen-Victoria, dans les années 1950, il est rapatrié devant le manège militaire de la rue William en 2011. Photo : 1987.


Texte de l'audio

De palais de justice à manège militaire

Nous voici devant le plus vieux bâtiment public, encore debout, de Sherbrooke. On parle ici de la partie avant, avec le fronton, les colonnes néoclassiques et les deux ailes qui sont érigées entre 1839 et 1841, selon les plans de l’architecte montréalais William Footner. À son ouverture, l’édifice devient le 2e palais de justice de Sherbrooke pour le District judiciaire de Saint-François. Il le sera jusqu’en 1906. 

Durant la période de construction du nouveau et 3e palais de justice au carré Strathcona, au début des années 1900, la Ville devient propriétaire de l’édifice de la rue William, mais ne sait pas trop quoi en faire. On songe même à le démolir. Arrive un certain Fred Loomis qui l’achète, dès 1906, et propose qu’on y loge la milice locale. Il y aura un flottement de quelques années jusqu’à ce que les Forces armées canadiennes achètent le bâtiment et effectuent les ajustements jugés nécessaires. Le 53rd Regiment, renommé The Sherbrooke Hussars en 1965, quitte le manège de la rue Belvédère Sud, inadéquat pour loger le 53rd et le 54th, et s’installe dans l’ancien palais de justice vers 1912.

Pour la population sherbrookoise, le 315 de la rue William, c’est le manège militaire du Sherbrooke Hussars. Le lieu est porteur à la fois d’un patrimoine bâti fort, témoin de presque deux siècles d’histoire, et d’un patrimoine militaire ancré dans l’histoire locale et internationale, tout en étant encore bien vivant. 

Cependant, il ne faut pas oublier que le manège de la rue William a plus d’un siècle et demi derrière la cravate. Au cours des années 2010, il commence à montrer des signes de dégradation importants, notamment au niveau de ses fondations. Pour des raisons d’insécurité sanitaire et de vétusté, le bâtiment est évacué en 2021. Le Sherbrooke Hussars ainsi que le 52e Ambulance de campagne, qui loge également dans l’édifice, sont relocalisés temporairement sur la rue Woodward. Depuis, des rumeurs de démolition ont couru. Toutefois, selon le projet annoncé en 2025, la partie avant, incluant le fronton et les colonnes, sera sauvegardée et restaurée, alors que l’agrandissement arrière, qui servait notamment de salle d’exercice, sera démoli pour faire place à une section plus adaptée aux besoins actuelles des unités.

Extrait de
L’héritage militaire de Sherbrooke | Audioguide gratuit

L’héritage militaire de Sherbrooke | Audioguide gratuit image circuit
Présenté par : Musée d'histoire de Sherbrooke (MHIST))
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