La maison Griffith-McKenty

Le 251 rue Montréal


Portrait de John Griffith

John Griffith portera plusieurs chapeaux au cours de sa carrière : marchand, homme d’affaires, inspecteur du revenu, juge de paix, conseiller municipal et maire. Après son décès en 1885, sa veuve, Ann McKenty, continue d’habiter la maison de la rue Montréal jusqu’à son propre trépas en 1892. Par la suite, leur fille Mary Isabel et son mari Louis Arthur Bélanger y demeurent jusqu’à leurs décès respectifs en 1925 et 1928. En 1931-1932, un certain C. Willard y habite, mais il n’est pas nécessairement propriétaire.

Le bloc Griffith

En 1854, John Griffith fait construire un édifice de trois étages dédiés à des commerces, des bureaux, une salle de spectacle ainsi que le bureau de poste jusqu’en 1884. Le bâtiment est situé sur la rue Commercial (actuelle rue Dufferin), près du pont. De 1881 à 1886, le bloc Griffith loge également une bibliothèque, mise sur pied à l’instigation de Samuel Foote Morey.
En 1947, l’édifice est racheté à la succession par Mme Blanche Bélanger. Par la suite, le bâtiment fait l’objet de changements majeurs.

Le Pionnier, au 161-163 rue Marquette

Le gendre de John Griffith, Louis Arthur Bélanger, participe à l’impression, en 1866, du premier journal francophone de la région, Le Pionnier (1866-1902). Cofondé par son frère Louis-Charles Bélanger, le journal loge d’abord dans l’édifice Griffith, puis déménage dans un nouvel édifice sur la rue Marquette en 1888.

Louis-Arthur Bélanger, homme de presse

Arrivé à Sherbrooke vers l’âge de 15 ans, Louis-Arthur Bélanger y apprend le métier d’imprimeur. Il fait ses premières armes au journal Le Pionnier, fondé par son frère Louis-Charles et Hubert-C. Cabana. Les deux frères quittent Le Pionnier dès 1874 et fondent alors le Progrès (1874-1878), puis Le Progrès de l’Est (1883-1924). Le journal se positionne comme un défenseur des intérêts des francophones dans la région. Louis-Arthur en sera d’ailleurs l’imprimeur, puis le rédacteur en chef, et finalement l’unique propriétaire à partir du début des années 1890. À partir de ce moment, la ligne éditoriale mise davantage sur la cohabitation entre les francophones et les anglophones.

Texte de l'audio

Wildrid B. : Nous voici devant l’ancienne maison de John Griffith. En 1875, il devient le premier maire catholique de la ville. C’est à peu près à la même époque que la maison est construite.

Madame : Je crois reconnaître le style Second Empire. Le toit est mansardé et à l’étage, les lucarnes sont à pignon. Les fenêtres ont conservé un bel arrondi : je trouve que ça adouci le format assez carré et symétrique. Ah! Aussi, il y a une bay-window de chaque côté, mais ça, je ne crois pas que ça soit typique du Second Empire…

Wilfrid Martin : Eh bien madame, vous avez été une bonne élève! Et en effet, les bay-windows tiennent d’avantage du style Queen Anne. D’ailleurs, comme vous avez pu le remarquer depuis le début de notre promenade, il y a très peu de bâtiments au style parfait, mais il y a généralement une dominante.

Madame : Vous m’avez dit tantôt que monsieur Griffith a été le premier maire catholique de Sherbrooke, mais Griffith, ce n’est pas très canadien-français!

Wilfrid Martin : Vous avez raison. Monsieur Griffith était irlandais d’origine. Il est arrivé à Sherbrooke en 1826, alors que c’était encore un petit village. La population catholique de Sherbrooke a d’abord été irlandaise. Griffith est nommé maire à deux reprises, soit pour l’année 1875-76 et pour 1881-82. À l’époque, le maire est en poste pour des mandats d’un an. Dans les années 1870, les Canadiens-français deviennent majoritaires à Sherbrooke, mais puisque la plupart sont des ouvriers, ils n’ont pas de pouvoir économique ou politique. C’est donc souvent par leurs coreligionnaires irlandais, bien qu’anglophones, que leurs voix se feront entendre jusqu’à la fin du 19e siècle.

Extrait de
Les Belles du Nord

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