L'ancien barrage no 5

Entre la chute et le confluent, l'ancien barrage no 5


Les édifices de la rue Frontenac vus de la rivière

Entre 1887 et 1900, si les Sherbrookois s’arrêtaient sur le pont Magog (actuel pont Gilbert-Hyatt), ils pouvaient apercevoir le dos des magasins et commerces installés à flan de rivière, le long de la rue Frontenac. Plus près du confluent, la meunerie Macfarlane et un moulin à scie sont alors en activité.

Le secteur du pont Magog et du barrage no 5

À la fin du 19e siècle, on retrouve près du barrage no 5 le pont Magog (celui-ci prend le nom de pont Dufferin en 1905 et de Gilbert-Hyatt en 1980), l’Art Building (au centre) et l’édifice Griffith (à droite). L’enfilade en escalier à gauche accueille divers commerces depuis 1874.

Profiter de la puissance hydraulique de la gorge

L’installation des pionniers près du confluent est conditionnée par le potentiel hydraulique de la gorge de la rivière. Durant un peu plus d’un siècle, moulins, ateliers et industries se succèdent dans le secteur du confluent et du barrage no 5. À noter que la date apparaissant sur la photo (1850) est erronée, puisqu’on aperçoit très bien, en haut à droite, la prison de la rue Winter construite à la fin des années 1860.

Les moulins d'en bas vers 1850

Sur ce dessin réalisé par un certain Bompas, on aperçoit notamment l’ancien site des premiers moulins ayant tour à tour appartenus à Gilbert Hyatt, à Charles Goodhue et à William Felton. De 1844 à 1860, le barrage alimente la Sherbrooke Cotton Factory ainsi que le moulin à farine de J. G. Robertson.

Texte de l'audio

Si nous étions en 1821, nous aurions les deux pieds sur le Magog Bridge et nous pourrions regarder l’ancien barrage Hyatt avec, en arrière-plan, le confluent. Le barrage érigé par Hyatt et Ball vers 1802 est vendu au marchand Charles Frederick Henry Goodhue en 1811, puis à William Felton, un propriétaire terrien, cinq ans plus tard. La British American Land Company, dite la BALCo, en fait l’acquisition en 1838.

Mais le vieux barrage est vétuste. Vers 1844, la BALCo le fait démolir et en construit un nouveau, qui deviendra le barrage no 5. Sa construction assure notamment l’apport énergétique au fonctionnement d’une nouvelle fabrique installée tout près, la Sherbrooke Cotton Factory. Celle-ci est la première usine de coton au Canada. Elle engage 50 personnes, ce qui est énorme à l’époque, surtout pour la petitesse du village de Sherbrooke.

L’érection du barrage no 5 par la BALCo au milieu du 19e siècle marque un point fort pour la compagnie dans l’aménagement de la gorge de la rivière Magog ainsi que dans son implication au développement industriel de Sherbrooke. Le barrage est amélioré dès 1860, à la suite de l’incendie de la Cotton Factory. Durant plus de 65 ans, le barrage no 5 alimente des dizaines de manufactures, dont l’usine de machines à coudre Banner, la Sherbrooke Iron Works et la tannerie Gordon and Manning, mais aussi dès la fin des années 1840, les Sherbrooke Grist Mills. Le barrage est finalement vendu à la Sherbrooke Railways and Power en 1910 qui le démoli complètement.

Extrait de
D'un barrage à l'autre

D'un barrage à l'autre image circuit

Présenté par : Musée d'histoire de Sherbrooke

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