Des milieux humides essentiels

Encore un peu d'histoire

Vous vous trouvez maintenant sur la digue qui a été construite en 1994 par Canards Illimités et mise en service deux ans plus tard. Elle mesure près d’un kilomètre de long, et la profondeur moyenne de l’eau est d’environ 50 cm. La partie est du marais demeure la plus profonde. Le printemps, l’eau du marais se réchauffe plus rapidement que celle du fleuve, des lacs et des rivières. Les larves des insectes aquatiques s’y développent en abondance, et les insectes adultes qui émergent nourriront les oiseaux, les grenouilles et les poissons. La nuit venue, les chauves-souris viendront à leur tour.


Les milieux humides, des usines d’épuration

Saviez-vous qu’en plus d’être des habitats exceptionnels pour la faune et la flore, les milieux humides comme le marais Léon-Provancher remplissent de multiples rôles écologiques et économiques?

• Ce sont des filtres épurateurs qui piègent les substances polluantes et retiennent les matières en suspension;
• Ils jouent le rôle d’une éponge et permettent d’éviter les inondations, en absorbant l’excès d’eau pour la restituer progressivement par la suite. En période de sécheresse, ils permettent également de maintenir des débits minimaux dans les cours d’eau et d’alimenter les eaux souterraines;
• Leur végétation fixe les berges et participe ainsi à la protection des terres contre l’érosion;
• Ils soutiennent des activités de pêche, de chasse et d’observation de la faune qui ont des retombées économiques importantes.


Les habitants invisibles du marais

On ne les voit jamais, ou sinon, rarement, mais ils sont bel et bien là : les poissons! Et non seulement ils sont présents, mais ils sont également très importants dans la chaîne alimentaire. Ils servent de proies à plusieurs animaux du marais comme les hérons, certaines espèces de canards et le vison.

Les poissons ont besoin d’un habitat de qualité (l’eau, évidemment), de nourriture, de sites de reproduction (frayères), d’abris, et ils doivent pouvoir circuler librement entre ces différents milieux indispensables. Le marais Léon-Provancher offre tout cela à deux espèces de poissons : le crapet-soleil et le mulet à cornes.

(Photo: Grand héron se nourrissant d'un crapet-soleil)


Le balbuzard pêcheur

D’avril à juin, lorsque l’eau du marais redevient libre, le balbuzard survole le marais pour capturer des poissons. Sa technique consiste à faire du vol sur place pour repérer ses proies (à plus de 10 mètres) et à plonger, pattes tendues en avant, pour saisir le poisson. Ce dernier capturé, il le transportera avec ses serres, la tête du poisson en avant, afin de limiter toute résistance de l’air. Sa tête est blanche avec une rayure oculaire sombre. Il a le dos brun, l’abdomen blanc et de longues ailes incurvées en vol. Il ne semble pas nicher sur le territoire du marais.

(Photo: Balbuzard pêcheur juvénile)


Le grand héron

Durant quelques semaines au printemps, aussitôt que le marais est libéré des glaces, le grand héron, échassier hâtif, vient habiter le marais afin de s’alimenter de poissons, de grenouilles ou de toute proie venant à sa portée. Installé dans la végétation immergée, il restera immobile avec le cou étiré, attendant que sa proie s’approche. D’un coup de bec rapide, il harponne sa proie, puis la saisit en se servant de son bec comme de ciseaux. Bien que lourd, il s’envole sans effort pour parcourir de grandes distances; on le reconnaît par son cou replié en S et ses pattes traînantes. Ses cris sont des croassements rauques et graves.

(Photo: Grand héron)


Le butor d’Amérique

Le butor d’Amérique est l’échassier trapu typique des marais à quenouilles, où il peut se camoufler et nicher. D’ailleurs, son plumage brun et blanc lui permet de se confondre avec les roseaux lorsqu’il reste immobile, le bec pointé vers le haut. Il possède deux raies noires sur le cou, et au vol, l’extrémité de ses ailes est noirâtre. D’avril à juin, il émet un chant unique en matinée et en soirée, qui rappelle la succion d’une pompe à eau. Sa diète alimentaire est constituée d’insectes aquatiques, de grenouilles, de têtards et petits poissons. Il niche au marais Léon-Provancher.

(Photo: Butor d'Amérique)


Le chant du butor d'Amérique


Les mammifères du marais

Plusieurs mammifères résident sur le territoire du marais, tant en milieu forestier qu’en milieu aquatique. En marchant sur la digue, la marmotte d’Amérique pourrait être vue, broutant l’herbe dans le sentier; sinon, il sera possible de voir l’entrée de son terrier. Dans la partie aquatique, le rat musqué pourrait être observé, nageant habilement. Vous pourriez aussi croiser une hermine, à la recherche d’une proie.

En milieu forestier, un bruit de brassage de feuilles mortes pourrait attirer votre attention sur un tamia rayé, une souris sylvestre, un campagnol à dos roux ou une musaraigne. Grimpé dans un arbre mature, l’écureuil roux lancera des cris stridents à votre approche. Quelques autres mammifères plutôt discrets sillonnent le territoire tels le renard roux, le coyote et le lièvre d’Amérique. Les cabanes installées sur le territoire accueillent quelques chauves-souris qui résident dans ces abris durant le jour. Elles sont actives surtout le soir et la nuit.

(Photo: Rat musqué)


Un roseau menaçant

En circulant, vous avez sans doute remarqué que les quenouilles et le roseau commun poussent au marais. Nous voyons encore les tiges et les fructifications de ces plantes, assez bien dressées, même après l’hiver. Au printemps, les nouvelles pousses prennent place et croissent rapidement. Le roseau commun, aussi appelé phragmite, est une espèce exotique particulièrement envahissante dans le sud du Québec. Son expansion doit être freinée au marais, et des travaux entrepris en ce sens par la Société Provancher se poursuivent.

(Photo: Toile recouvrant des tiges de phragmite coupées)




Extrait de
Les saisons au marais Provancher - le printemps

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