Les habitats sont dynamiques

Les inventaires d’habitats et leur importance

Les habitats sont dynamiques, et leur suivi dans le temps est essentiel. Pour cela, la Société Provancher favorise la recherche et l’acquisition de connaissances sur ses territoires. Nous sommes heureux d’accueillir des scientifiques, des enseignants et leurs étudiants pour divers travaux pratiques en sciences naturelles.

Au marais, depuis plusieurs années, le baguage des oiseaux, le suivi des nichoirs et l’inventaire des populations d’anoures sont autant d’activités qui nous aident à mieux comprendre ce qui se passe dans les habitats. En documentant les habitats, nous sommes également en mesure de mieux cibler les problématiques sur lesquelles des interventions s’avèrent nécessaires. C’est le cas avec l’envahissement par le roseau commun.


Le baguage des oiseaux


Le suivi des nichoirs

Depuis plusieurs années, des nichoirs sont aménagés au marais pour la nidification des canards. Le meilleur temps pour faire les observations des activités est en mai et en juin. Cinq nichoirs cylindriques horizontaux ont été installés pour attirer les canards colverts . Placés stratégiquement au-dessus de l’eau, ils procurent une meilleure protection contre les prédateurs. Six nichoirs verticaux en bois ont été positionnés au sud de la digue. Ils imitent les cavités naturelles des arbres, et leur ouverture elliptique empêche un important prédateur, le raton laveur, d’y pénétrer pour dévorer les œufs. Ces nichoirs sont conçus pour les canards branchus, les harles couronnés et les garrots à œil d’or.

Ailleurs sur le territoire, une vingtaine de petits nichoirs font le bonheur des hirondelles bicolores et des troglodytes familiers.

(Photo: Raton laveur)


La surveillance des populations d’anoures

Il y a quelques années, un cri d’alarme a été lancé concernant le déclin des populations d’anoures (crapauds, rainettes et grenouilles) en Amérique. Qu’en est-il au marais Léon-Provancher? Pour le savoir, un suivi des populations d’anoures est effectué tous  les cinq ans. La technique d’inventaire consiste à écouter les cris des Anoures, appelés coassements, durant la période de la reproduction. À partir de points d’écoute, leur abondance est évaluée selon les indices suivants : 0 = aucun cri, 1 = quelques individus peuvent être comptés séparément, 2 = quelques coassements se chevauchent, 3 = chorale avec coassements indénombrables.

La grenouille la plus hâtive est la grenouille des bois, dont le cri peut être entendu de la mi- à la fin avril, suivie par la rainette crucifère. Dès les premières soirées chaudes s’ajoute le crapaud d’Amérique. En juin, la grenouille léopard puis la grenouille verte se feront entendre.

Photo: Ouaouaron
(Actuellement, ces espèces sont abondantes au marais. Il faudra des inventaires sur au moins une vingtaine d’années avant de pouvoir déceler si un déclin est en cours.)


Le grèbe à bec bigarré

Le grèbe à bec bigarré est très à l’aise dans les eaux libres du marais Léon-Provancher. Environ 4-5 couples s’y ébattent et y élèvent leurs jeunes. Facilement reconnaissable par sa gorge noire et l’anneau noir autour de son bec blanchâtre, le grèbe à bec bigarré se distingue des autres oiseaux aquatiques par sa queue très courte aux plumes très rudimentaires. Il plonge avec la rapidité de l’éclair ou se laisse couler en ne laissant que le cou et la tête hors de l’eau. Pour prendre son envol, il court sur l’eau, et son vol est laborieux. Vous entendrez son chant retentissant d’avril à juin.

(Photo: Grèbe à bec bigarré mâle)


Le chant du grèbe à bec bigarré


Le canard colvert

De tous les canards présents au marais, le colvert est sûrement le plus connu et le plus abondant. Dès avril, la femelle commence à nicher aux abords du marais soit sur le sol dans les hautes herbes, soit dans des nichoirs cylindriques horizontaux installés au-dessus de l’eau. Elle arbore un plumage brunâtre qui l’aide à se camoufler. Le mâle a un plumage vert luisant, un collier blanc et une poitrine marron. Historiquement, le colvert est une espèce originaire des prairies de l’ouest. Avec la déforestation dans l’est du pays, il a adopté le milieu agricole et s’est adapté à la présence humaine.

(Photo: Canard colvert mâle)


Le canard pilet

La première couvée observée au marais, vers la mi-mai, est celle du canard pilet. Cette espèce niche tôt, dans la végétation. La durée d’incubation des œufs n’est que de 25 jours. Ce canard gracieux, au cou effilé, a une longue queue pointue, surtout chez le mâle. Comme tous les canards de surface, il s’envole de la surface de l’eau d’un bond vigoureux. Pour se nourrir, il pratique une demi-plongée, la queue seule au-dessus de la surface.

(Photo: Canards pilets, mâle à gauche et femelle à droite)


Le cerf de Virginie et ses petits

Au printemps, les femelles des cerfs mettent bas dans un milieu boisé sécuritaire, d’où elles pourront avoir une vue sur leurs faons pendant qu’elles broutent la végétation. Restez attentifs et surveillez les sous-bois : vous observerez peut-être une femelle qui épie vos moindres mouvements. Si elle ne se sent pas menacée, elle acceptera votre présence et vous pourriez apercevoir son jeune faon caché dans la végétation. Si vous avez la chance de faire une telle rencontre, profitez-en pour prendre des photos sans déranger.

(Photo: Jeune cerf de Virginie)




Extrait de
Les saisons au marais Provancher - le printemps

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