Les pères Oblats

Plus de 120 ans de présence au Yukon

Les pères Oblats de Marie Immaculée (OMI) ont mis les pieds au Yukon pour la première fois dans les années 1860-1870 et ont implanté leur première église à Dawson durant la Ruée vers l’or.

Une partie d’entre eux ont vécu dans cette bâtisse au coin de la rue Strickland et de la 7e Avenue.

Photo : L’évêque Coudert et les Oblats de Marie Immaculée, 1965
Crédit photo : collection Yann Herry

Les pères Oblats

À la création du diocèse de Whitehorse au début des années 1940, l’évêque Coudert a recruté du personnel religieux francophone pour couvrir tout le territoire, puisque leur mission consistait à servir ceux et celles qui ne n’étaient pas rejoints par l’Église. C’est ainsi qu’il a recruté des pères et des frères qui ont servi les communautés jusqu’en 2013.

Photo : L’évêque Coudert et les Oblats de Marie Immaculée, 1965
Crédit photo : Collection Yann Herry

Les pères résistants

Plusieurs pères français ont étudié au séminaire ensemble et ont participé à la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Le père Veyrat, artiste, falsifiait les documents officiels; le père Rigaud réparait les fusils qui avaient été parachutés par les alliés. En 1945, les activités de résistance des étudiants du séminaire ont été découvertes et quatre des frères catholiques ont été fusillés.

Le père Guilbaud, lui, a eu tellement froid pendant qu’il était travailleur forcé en Allemagne, qu’il avait demandé d’aller à n’importe quel endroit où il ferait chaud pour servir à la fin de son séminaire. Et il a été envoyé au Yukon!

Photo : Le père Guilbaud (à gauche) en visite chez une famille autochtone au lac Pelly
Crédit photo : Coll. des Oblats de Marie Immaculée


Adaptation au mode de vie autochtone

Plusieurs des pères Oblats ont adapté leur mode de vie à celui des autochtones avec lesquels ils vivaient. Le père Rigaud a commencé à enseigner aux enfants autochtones selon un modèle d’école saisonnière qui respectait la vie nomade des habitants de Kluane.

Les pères n’ont pas déployé d’efforts pour enseigner le français aux autochtones; certains prêtres ont plutôt appris les langues locales. Ainsi, le père Guilbaud, en réponse à la crainte du peuple Kaska de perdre sa langue native dans le sud du Yukon et au nord de la Colombie-Britannique, a enregistré « les anciens » qui parlaient le Kaska, et l’a appris lui-même. Il était l’une des cinq dernières personnes à parler couramment le Kaska .

La plupart des pères Oblats qui ont servi au Yukon ont reçu des distinctions honorifiques pour leurs services rendus à la communauté; au-delà de leur rôle de prêtre, ils étaient des bâtisseurs de la communauté. Malheureusement, quelques individus ont été impliqués dans les abus commis contre les enfants autochtones dans les écoles résidentielles, notamment dans l’école de Lower Post, dans le nord de la Colombie-Britannique.

Photo : Le père Huijbers rend visite à une famille
Crédit photo : Coll. des Oblats de Marie Immaculée


Des pères et des frères bricoleurs

Les pères Oblats ont construit leurs églises et leurs propres maisons. Ils ont appris à voyager en traîneau à chiens et se procuraient leur nourriture en chassant, en mettant des pièges et en pêchant. La plupart n’avaient que peu ou pas de préparation pour ces travaux pénibles.

Le frère Soucy, cousin des Cyr, jardinait et s’occupait du potager des Oblats. Il rafistolait toujours tout. Il ramassait tout ce qui pouvait être utilisé; le sous-sol de la maison des Oblats débordait lorsqu’elle a été vendue.

Photo : Le frère Cyprien Soucy (à gauche) avec son cousin Laurent Cyr
Crédit photo : Coll. Yann Herry




Extrait de
Whitehorse francophone

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