Les appartements Athlone

Un château à Rouleauville

C‘est à Rouleauville que le juge Charles Rouleau fait construire, à partir de 1890, une résidence où il habite jusqu’en 1895. Le caractère imposant du bâtiment témoigne de la prospérité de la famille du juge Rouleau. Le couple y tient notamment de fastes et inoubliables réceptions. 

Le domaine est appelé Castel aux Prés par les résidents du voisinage en raison de sa similitude avec un château résidentiel. Cette maison est l’une des plus cossues de Calgary à la fin du 19ème siècle. 

La résidence est finalement démolie en 1940 et les appartements Athlone y sont alors construits. 

Photo: Glenbow Archives (NA-5222-3, 1890) Domicile du juge Charles B. Rouleau, Calgary, Alberta. Illustration parue dans The Western World, volume 1, numéro 6, août 1890. La maison était située à Rouleauville, 19ème avenue et 4ème rue ouest.

Du castel au complexe résidentiel

Le complexe résidentiel de 46 logements incorpore des éléments d’architecture néoclassique tels des pilastres et des linteaux décoratifs.

Il est plus luxueux que ceux construits à cette époque et il est l’un des plus grands. Il est formé d’une charpente en bois revêtue de briques. 

Le nom des appartements Athlone provient du Comte d’Athlone, gouverneur général du Canada, au moment de l’inauguration de l’édifice en 1940.

En 2008, l’immeuble Athlone est reconnu comme site patrimonial par l’association communautaire de Cliff Bungalow-Mission.

Source: Marilyn Williams - Cliff Bungalow - Mission, a Heritage Community; Photo: Arnaud Barbet, facade sud de l'immeuble, 2019.

Parmi les 7 grands: le juge Rouleau

L'honorable Charles-Borromée Rouleau et son épouse Elvina sont arrivés à Calgary en 1886. Cet homme politique, à la fois avocat, juge et écrivain canadien, a exercé les fonctions de magistrat principal et fût l'un des premiers juges à la Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest.

À cette époque, les territoires comprenaient le Yukon (jusqu'en 1898) et ce qui devint les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan lors de leur accession à la Confédération en 1905. 

Le juge Rouleau a notamment laissé son empreinte au sein du système scolaire des Territoires du Nord-Ouest en proposant des amendements en vue de créer un système plus équilibré pour les écoles catholiques et la langue française.  

Ceux-ci seront intégrés à l'ordonnance scolaire de 1884. En 1885, Charles-Borromée Rouleau et le père Albert Lacombe devinrent les membres de la section catholique du bureau d’Éducation, formé en vertu de la loi, et ce jusqu'en 1892.

La seule ombre au tableau d'excellence du juge Rouleau fut le procès des Cris après leurs exactions du lac La Grenouille, le 2 avril 1885. En effet, douze blancs et "sang-mêlé" qui se trouvaient dans l’établissement du lac La Grenouille furent rassemblés pendant que les Premières Nations pillaient les magasins du poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson ainsi que les baraques de la police. Ceux-ci ont finalement enlevé la vie de neuf hommes.

Malheureusement, la littérature indique que, «les procès des Cris arrêtés pour leur engagement au lac La Grenouille furent brefs; rétrospectivement, la justice semble avoir été rendue d’une manière arbitraire. Aucun des Indiens ne reçut d’assistance judiciaire.»

Sources: Dictionnaire biographique du Canada; Suzanne de Courvil Nicol - Présidente du Bureau de visibilité de Calgary; Denis Perreaux - Historien et directeur de la Société historique francophone de l'Alberta.
Photo: Mme Delores Rouleau Woolrich, Suzanne de Courville Nicol - Présidente du Bureau de visibilité de Calgary, portrait l'honorable Charles-Borromée Rouleau, 1891.

Lettre du juge Rouleau à son fils

Source photo: Production et Réalisation: RDÉE; Documentation: Delores Rouleau Woolrich, Université de Laval (Québec).


Gastronomie sur la route du Stampede.

Si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à retourner au square Rouleauville pour une dernière photo. Non loin de là, sur la route du Stampede, vous trouverez d'autres trésors à déguster sans modération. 

Photo: Glenbow Archives (NB-31-9, September 1912) Les premières Nations et leurs chevaux défilent à la parade du Stampede.

La gaufre

« Montre-moi ta gaufre et je te dirais d'où tu viens »,semble nous expliquer les livres de gastronomie. Une chose est sûre, la gaufre est associée au plat pays. Mais n'y a-t-il pas deux gaufres, celle de Bruxelles et celle de Lièges. Difficile de savoir laquelle est la meilleure; chacune d'elles sont généreusement sucrées. 

Les gourmands choisiront. Celle de Bruxelles est francophone par définition. Rectangulaire et ornée de 20 à 24 trous, elle accueille du sucre glace discret et savoureux, alors que celle de Lièges, à la silhouette carrée et épaisse, se pâme de nids sucrés et cristallins logés dans sa pâte moelleuse.
Un croustillant inégalable!

Mais revenons aux origines de la gaufre. 
En 1830, la littérature admet que la gaufre serait d'origine brabançonne, du nom de la province de Brabant, en Belgique. Mais il semblerait qu'on la retrouve dans l’histoire de l’humanité. De la galette de céréales cuite sur pierre chaude à l’époque du néolithique au moule composé de deux plaques de fer utilisé pour la fabrication de petits gâteaux à la Grèce Antique, la gaufre a traversé les âges.

C’est néanmoins au XIIIe siècle qu’un forgeron imagina le moule inspiré des rayons de miel fabriqués par les abeilles et que le nom de gaufre apparaît. C'est ce même nom qui perdit un de ces « f » en 1762 dans le dictionnaire de l'Académie française. C'est d'ailleurs à cette époque que les gaufres se parèrent de miel, d'œuf et de lait pour les plus fortunés alors que, jusque là, elles n'étaient composées que de farine et d'eau.

La gaufre a toujours été une pâtisserie de fêtes, vendue dans la rue ou sur le parvis des églises à cette occasion. Elle est aujourd'hui indissociable de Mardi Gras!

Sur la photo: La gaufre de Bruxelles

La tarte tatin

Il était une fois une tarte pas comme les autres, c'est certain. Sa recette et ses origines ont, elles, une partie de mystère que l'on aime entretenir. Pâte feuilletée ou sablée garnie de pommes multicolores, la tarte tatin croustille sous la dent grâce à son caramel. 

Si vous avez l'âme bretonne, vous adorez le confectionner avec du beurre salé, tout est une histoire de goût semble-t-il. Une chose est sûre, la tarte tatin est une addiction inavouable qui trouve ses origines dans une maladresse d'une des deux sœurs Tatin, à la fin du XIXe. 

En l'an 1898, dans leur auberge de Lamotte Beuvron (Loire-et-Cher), les demoiselles Tatin, Caroline et Stéphanie,s'affairent aux fourneaux. Fréquentée à l'époque par de nombreux chasseurs, gens difficiles et blasés appartenant à une élite gourmande (selon certains écrits), ils y appréciaient les saveurs et les inventions gastronomiques et inépuisables de leurs hôtes. 

À l'origine de cette maladresse devenue un succès culinaire, certains évoquent le caractère étourdi de Stéphanie Tatin, alors que d'autres incriminent un client trop galant au bavardage un tantinet persistant lors du « coups de feu ».

Toujours est-il que la fameuse tarte, enfournée par inadvertance sans sa pâte qui l'habille, embaume la cuisine. Cette tarte ne l'était plus. Il est trop tard pour reculer. Stéphanie prend un peu de pâte, l'abaisse, la dispose sur les pommes et renfourne.

Afin de la rendre présentable au service, elle la retourne encore fumante. Un trait de génie qui fit l'unanimité !

Sources: Hôtel - Restaurant Tatin; L'association "Les Ambassadeurs" de la tarte Tatin; Office de Tourisme de Sologne (France).

Un grand merci à tous les amis de Rouleauville




Extrait de
Rouleauville, le quartier historique francophone de Calgary

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