L'Église de Saint-Jacques

Le lieu de culte actuel de la paroisse

L'église actuelle de Saint-Jacques est le second lieu de culte de notre territoire. Les Acadiens qui viennent s'y établir entre 1760 et 1770 se rendent d'abord à l'église de L'Assomption-de-la-Sainte-Vierge pour les célébrations liturgiques.

La paroisse Saint-Jacques, la première de la région, est fondée vers 1774. Elle est nommée en hommage au curé de L'Assomption, Jacques Degeay. Pendant plus de 50 ans, la première église reçoit les fidèles d'un vaste territoire qui s'étend de Sainte-Julienne à Crabtree et de Rawdon à Saint-Alexis en passant par Saint-Liguori. Un premier presbytère, faisant également office de chapelle, ouvre ses portes vers 1775.

Crédit photo : Collection L’Abbé François Lanoue, vers 1950.

Le point des grands rassemblements

Durant plus de deux siècles, l'Église a été un foyer spirituel, social et artistique incontournable, ici et à travers le pays. L'église de Saint-Jacques se remplissait et se vidait en un instant en traversant les trois grandes portes à deux battants.

Encore de nos jours, le lieu sacré invite au recueillement. Dès l’entrée de l'église, un vaste portique comprenant trois élégantes arcades cintrées s'offre à vous en guise de bienvenue!

Crédit photo : Collection L’Abbé François Lanoue.

Le premier lieu de culte et l'incendie de 1914

Construite de 1801 à 1813, la première église de Saint-Jacques occupe le même terrain que l'église actuelle. Au cours du XIXe siècle, elle subit différentes transformations, dont un agrandissement en 1859 effectué selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). Un incendie détruit le bâtiment en 1914.

La construction de cette première église fut la cause de grands troubles. Les syndics nommés pour surveiller les travaux ont refusé de rendre compte des sommes qu'ils avaient reçues et on été emprisonnés suite à leur procès. Mgr Plessis fut même forcé d'avoir recours aux censures ecclésiastiques. Il jeta l'interdit sur la chapelle. Pendant trois mois, les paroissiens désireux d'aller à la messe ont été obligés d'aller dans les paroisses voisines. Cet acte de sévérité eut un bon effet. L'agitation se calma et on put continuer les travaux de construction. Le temple a été bénit le 10 août 1813, plus de dix ans après la pose de la première pierre.

Crédit photo : Collection L’Abbé François Lanoue : Ruine de l'église, photo provenant de chez le Dr. J.O. Beaudry.

L'œuvre de Louis Caron

L'actuelle église de Saint-Jacques est l'œuvre de Louis Caron (1871-1926). Architecte et maire de Nicolet, il est connu surtout pour ses réalisations situées sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Il conçoit l'extérieur du bâtiment, le décor intérieur et certaines pièces de mobilier, dont la chaire et le baldaquin du maître-autel.

La paroisse obtient une importante somme d'argent pour la reconstruction de l'église, bénéficiant d'un lègue de Camille Gagnon, originaire de Saint-Jacques. Les travaux commencent en 1916. En façade, les deux statues occupant les niches répondent à une volonté de monsieur Gagnon. L'édifice, terminé en 1918, est par ailleurs orné de plusieurs tableaux et statues sauvés de la première église incendiée.

Crédit photo : Collection L’Abbé François Lanoue.

Au son des cloches

Lors de sa construction, en 1917, une conflagration détruit un des clochers.

Les valeurs architecturales et historiques de l'église

Les éléments caractéristiques de l'église de Saint-Jacques comprennent, notamment :

- Son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef rectangulaire, d'un transept et d'un chœur en saillie terminé par un chevet plat aux angles arrondis ainsi que le toit à deux versants droits couvert de tôle à baguettes, coiffé d'un lanternon à la croisée du transept et percé de lucarnes cintrées;

- La façade en pierre à bossage, dont les deux tours latérales légèrement en saillie (surmontées d'un clocher octogonal, d'une flèche ouvragée ainsi que d'une croix et percées de portails en plein cintre), le fronton cintré brisé surmonté d'une croix, le portail triple (doté de portes à double vantail surmontées d'un tympan cintré), les fenêtres cintrées (dont certaines groupées par trois ou quatre), les fenêtres rectangulaires jumelées, les chambranles, l'arcature cintrée, les bandeaux, la corniche et les chaînes d'angle en pierre lisse;

- Les murs de la nef et du chœur, dont la maçonnerie en pierre à bossage, les ouvertures cintrées, l'oculus, les chambranles en pierre de taille lisse, la corniche à denticules suivant les arcatures cintrées, les bandeaux et les amortissements;

- Sa situation en retrait de la voie publique, sur un vaste terrain paysager;

- Sa localisation à proximité du presbytère de Saint-Jacques, du couvent des sœurs de Sainte-Anne, du Vieux Collège, de l'ancienne maison du sacristain et du cimetière paroissial, dans le noyau institutionnel catholique.

La croix de chemin

Cette croix de chemin a été fabriquée collectivement, en 1995, par Gérald Dugas, Marc Lépine, Michel Robichaud, Léo Mireault et René Drainville. Valéda Plouffe a peint le coeur. On dit que c’est le cœur à Valéda. Quant au coq de cuivre, il a été volé quelque temps après son installation. La croix est bénie à l’occasion d’une messe chantée pour les retrouvailles de l’école du Chemin du Bas-de-l’Église, en 1996.

«Depuis plus de cent ans, douze croix de chemin ont été érigées; elles rappellent constamment à nos braves terriens leur origine chrétienne. Nous ne connaissions pas de spectacle plus édifiant que ces neuvaines faites, l’été, au pied de la croix du rang, quand, après une journée de labeur, tous venaient y déposer leurs prières, leurs espoirs et actions de grâces.»

   - François Lanoue, 1972

Sources

Gaspard Dauth. (1900). Le Diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle, Montréal: Eusèbe Sénécal et cie, p.605-606.

Gouvernement du Québec Culture et Communications Québec, Église de Saint-Jacques, Répertoire du patrimoine culturel du Québec. 2013.

Musée acadien du Québec, Croix de chemin commémorative de la première messe, Répertoire des régions acadiennes du Québec. 2019.

LANOUE, François. Une nouvelle Acadie, Saint-Jacques de l'Achigan, 1772-1972. Joliette, Mise à jour, 1972. 410 p.



Extrait de
Circuit historique de Saint-Jacques | Nouvelle-Acadie

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